Manque de confiance en soi et veganisme

Cet article était à l’origine un post FB, comme il vous a bien plu je le remets sur le blog 🙂

Instant confession : je manque parfois (bon ok « souvent”) de confiance en moi. 

J’ai souvent peur de dire une bêtise, j’ai souvent peur de déranger, j’ai souvent peur d’être ridicule, j’ai souvent peur de ne pas être assez bien, bref, j’ai souvent peur quoi.
Et la base de cette peur est tout simplement un manque de confiance en moi.
Voilà, c’est dit, je manque de confiance en moi. J’y travaille hein, mais certains jours sont plus faciles que d’autres.
Je ne sais pas d’où ça vient, surement d’un traumatisme dans l’enfance, un jour où ma maman m’a dit que mon dessin était moche (fait totalement inventé, n’appelez pas la police).

Quoiqu’il en soi, au début où je suis devenue végane, je n’osais pas le dire… A cause de cette peur justement.
J’avais peur que les gens me critiquent, me posent des questions auxquelles je ne savais pas répondre, me jugent, se moquent de moi. J’avais peur d’être différente et d’être exclue.

Je me souviens encore de la première fois où j’ai dit à des amis, un peu à voix basse, presque comme une excuse : « non mais en fait heu je ne mange plus trop de viande maintenant ».

Et au moment où je l’ai dit, je me suis préparée direct pour les critiques, j’ai mis mon bouclier invisible devant moi, j’ai plissé les yeux et j’ai attendu. 
J’ai attendu les « pff c’est quoi cette nouvelle lubie… », les « haha n’importe quoi ! », les « oh qu’elle est mignonne, elle mange plus de viande… Tu veux pas faire bobo aux animaux, c’est ça ? », ou encore les « Ouais on en reparle dans une semaine haha »…

J’ai attendu, mais… mes amis ont juste dit « ok cool ! » et sont passés à autre chose.
J’ai presque eu envie de leur dire « heu c’est tout ? Vous m’avez entendue ? Vous avez compris ?? » 

Et puis petit à petit, à force de le dire et le redire, je me suis rendue compte que 1/ les gens s’en fichent pour la plupart, tant qu’on ne touche pas à leur assiette, on peut bien faire ce qu’on veut avec la notre… 2/ je me sentais du coup de plus en plus à l’aise à le dire et j’ai même commencé à ressentir une petite fierté à être différente, justement. 

Aujourd’hui, même si en général, j’ai peur de dire une bêtise, de mal faire, de ne pas être assez bien etc, etc, il y a bien une chose qui ne me fait plus peur, c’est de dire que je suis végane. (mon correcteur automatique n’arrête pas de changer végane en « dégante », je ne sais pas comment je dois le prendre… )
Lorsqu’il s’agit du sujet du veganisme, je suis maintenant prête à recevoir critiques et moqueries s’il le faut, je m’en fiche, c’est un sujet trop important pour moi pour que je me taise. 
Non pas que je clame à qui veut l’entendre que je suis végane et que c’est moi qui ai raison et que tout le monde devrait faire pareil, non ! Je préfère “montrer par l’exemple” et discuter avec les gens s’ils en ont envie et s’ils posent des questions, mais sans leur sauter dessus et leur dérouler tout le laïus du pro-vegan.
Mais aujourd’hui je suis fière de dire que je suis végane et je ne me cache en aucun cas. 

Et j’ai compris aussi que je n’ai pas besoin de savoir répondre à TOUTES les questions ou critiques qu’on pourra me lancer. Être végane n’implique pas de savoir tout sur tout, de connaître tous les chiffres concernant le nombre d’animaux tués chaque jour, le production de CO2 entraînée par la production d’un kilo de boeuf, etc. Être végane c’est surtout et avant tout vouloir limiter au maximum son impact sur les animaux, la planète, les êtres vivants et aussi sa santé. Pas besoin de long discours de justification pour ça.

Un brunch vegan comme ça, ça donne confiance, non ? 😉

Au début j’étais prête à cacher mon nouveau mode de vie et à manger ce qu’on me proposait pour éviter de faire des vagues. Maintenant je décline poliment, sans forcément donner d’explications, sauf si bien sûr on m’en demande.
Il y a beaucoup de choses que je ne sais pas dans la vie, mais je sais que je refuse absolument de participer à la maltraitance animale. Et comme c’est un sujet qui ne touche pas que moi, mais qui est plus général et touche des milliards d’animaux, je me sens bien plus confiante d’en parler. Ce n’est pas quelque chose que je fais pour moi à la base, même si je sais aussi que je fais du bien à ma santé, je le fais pour les animaux.

Aujourd’hui je sais également quand une discussion peut s’ouvrir sur le sujet de manière constructive ou quand les gens cherchent juste à essayer de me prouver que j’ai tort. Je sais m’adapter à mon auditoire, aborder les sujets sous des angles différents, ou ne pas les aborder du tout si je sens que c’est inutile.

Tout ça pour vous dire que si vous aussi, vous avez peur de dire que vous ne mangez plus de viande / que vous êtes végétariens / végétaliens / véganes, allez y petit à petit. Prenez vos marques, affirmez-vous doucement.
Être végane ne veut pas nécessairement dire être militant. Vous pouvez tout aussi bien faire les choses dans votre coin et ne pas avoir envie d’en parler autour de vous. Ou au contraire, vous pouvez décider de diffuser le message, c’est vous qui voyez, il n’y a pas de bons points ou de mauvais points distribués dans tous les cas.

On peut choisir de ne pas être végane parce qu’on aime trop le fromage, qu’on a la flemme de faire les efforts nécessaires ou qu’on est trop attaché aux rôtis du dimanche de mamie, mais ce serait trop dommage de s’empêcher d’être végane alors qu’on en a envie, juste par peur du jugement des autres.

Je sais que chez soi, il est souvent plus facile d’être végane, mais qu’à l’extérieur, certaines situations sont plus délicates : invitation à dîner chez des amis, restaurant, dîner d’affaires, évènements familiaux, etc.
Je suis passée par là et avant, chaque évènement me faisait angoisser, puis j’ai compris qu’avec quelques techniques simples, tout se passe pour le mieux et tout le monde est content, même si notre assiette est différente de la leur.

Toutes mes astuces, conseils, guides, vous pouvez les retrouver dans mon programme « Rester vegan dans la vie de tous les jours », où on aborde chaque situation délicate, qu’elle soit d’ordre sociale ou de santé, les périodes de doute, les différentes phases du véganisme, etc. 
Par ici les amis : https://annesophiepasquet.fr/rester-vegan

Et vous, vous en êtes où niveau confiance ?
C’est facile pour vous d’en parler ?
Où vous manger ce qu’on vous donne pour ne pas froisser ?
Dites-moi tout 🙂

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Actuellement, j’en suis au même point que ce que tu décris dans tes débuts. Je ne me sens pas en confiance pour prononcer le mot “végane”. Par contre, je n’ai pas peur de dire que je ne consomme pas de produits d’origine animale qui me semble, peut-être à tort, moins engageant. J’ai un entourage plutôt ouvert (sauf quelques cas exceptionnels…) mais je n’ai pas suffisamment confiance pour échanger sur cette cause, j’ai peur de manquer d’argument, de braquer etc…Pour le moment, je me contente de m’informer au maximum afin justement de pouvoir répondre aux autres si besoin est… car je sais pourquoi j’ai choisi cette voie mais les autres ne voient pas forcément les choses de la même manière…

Tu as raison, vas-y à ton rythme, rien ne t’oblige a militer ! Tu peux décider de le faire dans ton coin sans même en parler, aucune obligations 🙂 Moi aussi au début j’en parlais peu et puis plus tu sais comment répondre aux objections, plus tu prends confiance 🙂 Et moi ma réponse passe partout c’est “c’est ma décision, je comprends que tu ne sois pas d’accord, j’ai juste décidé de faire comme ça moi, mais je n’impose rien à personne” 🙂

Ah bien voilà un point commun entre nous 😉
La confiance en moi n’est vraiment pas mon point fort, et j’avoue que j’ai souvent une appréhension à en parler, surtout à des gens que je connais peu, parce qu’on peut vite s’embarquer dans des débats enflammés et que parfois j’ai juste la flemme et pas envie ^^
En général avec mes amis ça se passe super, et ils ont souvent de petites attentions sympa, mais avec d’autres on sent que le veganisme les agace, qu’ils ne pourraient JAMAIS se passer de viande et encore moins du reste parce que “c’est trop bon”…et j’avoue chez eux j’ai fait récemment de petites entorses parce que je sens que si on refuse de manger ce qu’ils ont envie de préparer c’est comme si on les rejettait. Difficile à expliquer…mais le fait qu’on mange ce qu’ils ont préparé les rend super heureux. Et à l’inverse on sent la vexation si on refuse.
Et on a droit à un “Ce qui est cool avec vous, c’est que vous n’êtes pas extrémistes”…grrrr…je te laisse imaginer comme ça peut me souler d’entendre cette phrase !

Bref, chez certaines personnes j’affirme clairement ma façon de manger, chez d’autres je sens que c’est tendu alors je mets de l’eau dans mon vin (ou du poulet dans les pâtes pfff….) Ca va évoluer, mais je sens que c’est un travail de longue haleine que de faire accepter notre mode d’alimentation à tout notre entourage.

merci pour cet article, et bisous !

Arf je te comprends, ce n’est pas toujours évident quand on va chez les gens, on ne veut pas passer pour les relous de service qui font stresser leurs hôtes lol Ne culpabilise pas trop, comme tu dis, ça va évoluer, à ton rythme, un jour peut-être tu te réveilleras et tu te diras “ok c’est terminé” lol En attendant c’est déjà énorme ce que tu fais et tu trouveras ce qui te convient le mieux petit à petit. Et puis de toute façon, il n’y a pas non plus de tout ou rien, chaque situation est différente, on a des jours avec où on est prêts à remuer ciel et terre et des jours sans où on a juste envie qu’on nous foutte la paix lol 🙂
Bisous !!

Exact ! Merci 😉

Il y a environ 10 ans, quand je suis devenue végane, je l’étais chez moi sans aucun souci. Mais lorsqu’il s’agissait de sortir, au restau, chez des amis, j’avoue que je tournais végétarienne pour ne pas embêter les autres, le personnel du restau, etc. Ma soeur, ma mère et ma tante ont toujours préparé des plats végétariens pour nous, mais pas véganes, et comme elles ne nous ont jamais critiqués à ce sujet, je faisais avec (“ce sont les oeufs de la poule du voisin !”). Ma belle-mère, par contre, a fait plusieurs remarques et ne comprend pas que nous nous carencions volontairement. Mais bizarrement, elle nous a préparé des plats véganes, elle, en râlant !
Et puis j’en ai eu assez de ne pas vouloir embêter les autres et donc de ne pas être fidèle à mes idées : maintenant, au restau, c’est végane. Pour être honnête, c’est plus facile de nos jours qu’il y a 10 ans, aussi. Maintenant, il y a plusieurs options végés dans la rue où je travaille, ce qui n’existait pas il y a 2 ans. J’ai un supermarché bio juste en face avec des produits véganes. J’ai la fromagerie Jay & Joy dans la rue derrière et une pâtisserie végétale à 10mn à pied. Il y a une brasserie végane près de chez moi en Bourgogne ! Un magasin bio vient d’ouvrir à Sens et le gérant m’a dit qu’il allait mettre l’accent sur les produits véganes.
Quand je vais quelque part (famille, amis) où je prévois que je rencontrerai peut-être des problèmes, j’amène à manger – suffisamment pour partager et faire goûter. Cf mon expérience chez des amis pour qui être végane, c’est manger des haricots verts et de la salade, point. Pendant 2 jours :/
Bref, j’ai dépassé le stade du manque d’assurance, même si je ne suis pas toujours sûre de pouvoir répondre à toutes les questions qu’on peut me poser. D’ailleurs, je compte m’imprimer un petit livret Q&R à partir du livre Planète végane que je garderai dans mon sac à main en cas de besoin !
Par contre, ma fille aînée aimerait devenir végane à sa majorité mais préfère demeurer végétarienne en attendant : à cause de son copain (qui mange végane sans protester chez moi), à cause de son père et de la famille de son père, surtout, qui lui ont mené la vie dure et qui mènent la vie dure à ma fille cadette, qui est végane mais qui résiste mieux au choc. Je crois que pour elle, le manque de confiance est encore d’actualité mais elle évoluera 🙂

Ouhaou 10 ans, chapeau bas ! Effectivement, ça ne devait pas être aussi facile !!
Tu as la fromagerie Jay & Joy dans la rue derrière, la chance ultime ! J’avoue que c’est frustrant pour moi de voir tous les nouveaux endroits qui ouvrent à Paris et de ne pas y être moi-même.
Haha oui je connais l’expérience de séjour chez des gens qui soit ne te font même pas à manger, c’est à toi de te démmerder (pendant une semaine), soit te font de la salade verte.. youpi… Merci mais non merci lol
Bravo à tes filles, c’est courageux effectivement à leur âge ! Mais dans 10 ans, elles auront autant confiance que toi 😉
Le jour où on arrive à se foutre de ce que pensent les gens, quel bonheur ! 🙂

Je vois bien ce que tu veux dire, au début je m’excusais un peu aussi, en tout cas j’étais tendue quand on commençait à aborder le sujet. Même carrément gênée quand il s’agissait d’annoncer ça pour des repas en collectivité par exemple. Et finalement, ce n’est pas la mer à boire, mais il faut oser, ce qui n’est pas toujours facile. Ca demande peut être aussi de se rebeller un peu, de se dire : pourquoi c’est moi qui devrais m’excuser après tout ?

Tu as bien raison ! Pourquoi est-ce qu’on devrait s’excuser !? Mais effectivement ça prend parfois du temps avant d’être confiant 🙂

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