[Defi vegan] Ne pas chercher à tout remplacer

Cet article est une contribution au laboratoire d’idées “Vers un monde meilleur”. Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est “Retrouver une certaine simplicité”, proposé par Guillaume du blog Santé-enfants-environnement avec son article “Comment un environnement minimaliste peut favoriser la santé des enfants“.

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Lorsque je suis devenue végétarienne puis vegan, j’ai cherché à remplacer la viande, le poisson et le fromage par tous les moyens possibles. Et c’est un schéma que je vois se répéter chez tous les nouveaux végéta*iens (non ce mot n’est pas une insulte c’est juste pour regrouper à la fois les végétariens et les végétaliens sans avoir à réécrire les deux mots à chaque fois et charger le texte :)).

Et ce schéma est bien normal ! Devenir végéta*iens implique de “désapprendre” à manger pour ensuite réapprendre différemment. En effet, habituellement, et surtout dans la culture culinaire française, on compose les plats AUTOUR de la viande ou du poisson. Ils en sont l’élément central.

On commence par se demander quelle viande ou quel poisson on va préparer PUIS on se demande avec quel accompagnement on va le servir. Donc lorsqu’on décide de ne plus consommer de viande et de poisson, on cherche naturellement à remplacer cette partie de l’assiette, pour pouvoir continuer sur le même schéma. On va alors utiliser des steaks de soja, de seitan, du tofu, des “simili viande”, etc. puis trouver un accompagnement pour aller avec : légumes, féculents, etc.

C’est ce que j’ai fait au début. J’avais cet a priori que mon repas devait d’abord tourner autour d’un apport en protéines auxquelles je rajouterai quelques légumes. Puis j’ai appris à composer mes assiettes différemment et désormais je ne cherche plus jamais à remplacer les protéines animales par quelque chose en particulier.

Voici, selon moi les avantages et inconvénients à toujours chercher des substituts et pourquoi je recommande à terme de ne plus chercher à tout remplacer, revenir à une certaine simplicité et ne pas se prendre la tête. 

Remplacer pour se rassurer

Le fait de remplacer aide au début, cela rassure de se dire qu’on mange presque comme avant, mais qu’on a juste substitué son steak de boeuf par un steak de soja par exemple. Le reste ne change pas, ce n’est pas si difficile. 

C’est pour ça que je recommande généralement aux “débutants” (je n’aime pas trop ce mot car on dirait que devenir végéta*iens relève d’une compétition or c’est tout l’inverse, mais vous voyez l’idée) de se procurer des substituts : saucisses végétales, simili viande, seitan, tofu, simili-poisson. Même chose pour le fromage, au début cela aide d’avoir quelque chose pour remplacer et se dire qu’on continue à manger du fromage quand même, mais que c’est juste une version végétale.

Personnellement, ça m’a beaucoup aidé pendant les premiers mois, j’étais contente d’avoir des steaks et des fromages végétaux, je pouvais montrer aux autres que mon régime alimentaire n’était pas si différent. Et puis j’avais peur d’avoir des carences quand même au début, donc le fait de substituer plutôt que d’enlever me rassurait. 

Et cela a un côté “fun” de substituer, de chercher à trouver l’aliment de remplacement qui aura presque le même goût, de le faire gouter à ses amis carnivores, pour leur prouver que c’est possible de manger végétarien presque sans s’en rendre compte.

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Les substituts sont rarement “healthy”

La plupart des substituts que l’on trouve sur le marché, notamment les saucisses végétales, simili-viande ou poisson, etc. sont en réalité de la junk food. Lorsqu’on regarde les composants, on voit que vegan ou végétarien ne signifient pas toujours “sain”… Cela reste des aliments industriels, transformés et plein d’ingrédients plus ou moins douteux, d’agents de texture, de colorants, d’arômes de synthèse, etc. Eh oui, pour reproduire le goût de la viande, sans viande, il faut généralement utiliser des arômes bizarres..

Donc si les substituts aident au début, ils ne doivent par, selon moi, constituer la base d’un régime végéta*iens… D’une part car les substituts ne sont pas toujours équilibrés et d’autre part car ils sont souvent fait à base de soja et qu’une consommation excessive de soja n’est pas recommandée.

Bien sûr quand je dis qu’il s’agit de junk food, je parle ici de substituts industriels, pas de substituts naturels comme par exemple on utilise dans les pâtisseries : les graînes de chia pour remplacer les oeufs, etc.

Par ailleurs, pour ceux qui sont angoissés à l’idée de manquer de protéines, voici un article qui devrait vous intéresser, que j’ai rédigé pour le blog de Margaux : La route de la forme. Cliquez-ici pour le retrouver.

Réapprendre naturellement à manger différemment

Une fois la transition mise en place et une fois qu’on est à l’aise avec son nouveau régime alimentaire, je pense que les substituts doivent devenir des exceptions, des petits plaisirs de temps en temps, c’est tout.

Personnellement je n’achète plus de simili-viande, je ne les supporte quasiment plus, cela me rappelle trop la viande… Et j’achète de temps en temps des fromages végétaux mais beaucoup moins qu’avant. Je n’en ressens plus le besoin.

J’ai totalement réappris à composer mes assiettes. Désormais, rien ne “remplace” littéralement les protéines animales, je m’amuse simplement à combiner les aliments qui me font plaisir.
Non seulement je me suis rendue compte qu’à partir du moment où on a un régime alimentaire varié et équilibré, on ne risque pas d’avoir de carences, mais en plus je me prends BEAUCOUP moins la tête !

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Se simplifier la vie

C’est tellement plus agréable et plus simple de juste composer de belles assiettes avec ce qui me fait envie sans me demander à chaque fois si j’ai assez de ci et assez de ça ou ce qui va remplacer la viande.

Je fais la part belle aux légumes verts et aux légumineuses pour l’apport en protéines et de temps en temps, je les combine à des céréales, mais je ne le fais pas systématiquement. Je sais que le corps puise ce dont il a besoin dans les aliments sur une journée ou une semaine et se charge de faire les associations dont il a besoin.

Bien sûr j’ai fait beaucoup de recherches pour trouver des idées de recettes, de plats ou d’associations d’aliments et c’est vrai que cela demande un peu d’effort, mais ça en vaut vraiment la peine, je me régale désormais, sans me prendre la tête.

Et surtout, je m’écoute ! Si j’ai envie d’un aliment en particulier, alors je le mange, c’est un signe de mon corps pour me dire que j’ai besoin de tel ou tel nutriment. Et depuis que je fais ça, je me sens plus sereine et plus en forme.

Voilà donc mes conseils : les substituts oui au début, mais ils doivent devenir une exception sur le long terme. Simplifiez-vous la vie et faites simplement en sorte de varier le plus possible les aliments qui composent vos assiettes, ainsi vous êtes à l’abri des carences et vous ne vous serez jamais lassés de vos repas 🙂

Et vous, cherchez-vous à tout remplacer ?
Comment composez-vous vos assiettes ?

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% commentaires (4)

J’avoue que j’ai du mal à comprendre ces substituts notamment quand je vois des trucs comme poulet végétal … mais si ca rassure alors, je comprends mieux 🙂

C’est vrai qu’il y a des choses étranges parmi les substituts… Mais si ça peut aider les personnes “en transition” alors, je comprends aussi… L’objectif est quand même bon 🙂

Merci pour ce chouette article Anne-So. Ça me parle bien car je crois que j’ai effectivement pas mal chercher ce type de substituts, avec plus ou moins un sourire au lèvre compte tenu des caricatures que l’on peut trouver :), lors de mes premières mois de végétarisme. J’aime bien le message (de simplicité et) d’authenticité de l’article, j’aurais bien aimé pouvoir le lire il y a 10 ans !

Merci beaucoup Guillaume, ça me fait très plaisir 🙂
Je ne savais pas que tu étais végétarien, bravo à toi !

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