[Défi vegan] Vivre avec un(e) omnivore

Qu’il s’agisse de votre conjoint, de votre coloc ou de vos parents / frères et soeurs, vivre avec une personne omnivore quand on a fait le choix de devenir vegan n’est pas toujours facile.

Généralement, quand on devient vegan, on a cette envie folle que tout le monde devienne comme nous. Que le monde entier ouvre les yeux et réalise qu’adopter une alimentation 100% végétale et un mode de vie cruelty-free est la meilleure chose à faire. D’autant plus lorsqu’il s’agit de nos proches…

A la limite, votre boulangère, votre voisin du 5ème ou encore votre ami facebook dont vous n’arrivez pas à vous souvenir qui il est et où vous l’avez rencontré (on l’a tous celui-là, hein ?) peuvent bien faire ce qu’ils veulent, mais quand il s’agit de la personne avec qui vous partagez votre vie ou au moins votre appartement et surtout votre frigo, là c’est plus compliqué.

Alors comment faire quand on est vegan et qu’on vit avec un omnivore ?

Voici quelques conseils tirés de ma propre expérience et des discussions que j’ai pu avoir avec des vegan et non vegan.

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Faut-il imposer son mode d’alimentation ?

Selon moi la réponse est non…Bien sûr que je rêverais que mon conjoint soit lui aussi vegan, ce serait tellement plus simple, mais au même titre qu’on demande à l’autre de respecter notre choix de ne plus manger de produits d’origine animale, on se doit de respecter le fait que lui choisisse de continuer à en manger…

Alors je sais, c’est a priori plus facile pour les omnivores d’accepter que l’on ne mange plus de produits d’origine animale car pour eux cela ne fait pas vraiment de différence… On enlève quelque chose, on ajoute pas. Enfin si on ajoute plein d’autres choses mais ce sont des aliments qui, a priori ne dérange personne.
On enlève du frigo la viande, les oeufs, le lait, etc. C’est NOTRE choix, on ne les provoque pas en leur mettant sous le nez des aliments qu’ils refusent.

Alors que quand on devient vegan, voir trôner un steak ou un fromage dans le frigo peut être plus compliqué… On y associe immédiatement de la souffrance, du dégout, voir carrément une provocation…

Malgré tout, le fait de devenir vegan est en général un choix motivé par la bienveillance, la volonté de respecter les autres êtres vivants et de leur éviter de la souffrance. Et on attend des autres qu’ils respectent ce choix.
Au même titre, on se doit de respecter que tout le monde ne fasse pas le même choix alimentaire et de vie que nous… Donc si la personne avec qui on vit décide de ne pas changer son alimentation, (mais respecte notre choix de modifier la nôtre), la moindre des choses est de respecter également, non ?

Expliquer ses choix sans imposer

Personnellement, j’ai décidé de devenir vegan il y a un an, et mon chérichou a totalement respecté mon choix dès le début, il a même trouvé ça très bien, mais malgré tout, il a choisi de ne pas me suivre dans cette démarche. 

J’avoue que j’étais ravie qu’il comprenne et respecte, qu’il soit même presque admiratif, mais je ne comprenais pas pourquoi il ne me suivait pas… Du coup, doucement mais sûrement, je lui ai expliqué tout ce que j’avais découvert, les conditions de vie (et de mort) des animaux, les conséquences sur la santé de la consommation de lait ou de viande, etc. Et j’étais sûre qu’avec le temps, il comprendrait et deviendrait comme moi.

Il a bien sûr modifié certaines habitudes, par exemple, j’ai réussi à lui faire adopter le lait d’amande, alors qu’il consommait beaucoup de lait de vache avant. Il commande même parfois un latte soja au Starbucks à la place de son latte habituel et là je jubile intérieurement. Il ne consomme quasiment plus de viande à la maison. Et tout ça c’est génial et ça me fait super plaisir, pas seulement pour moi mais pour lui aussi, pour sa propre santé.

Cependant, il continue de consommer des oeufs quotidiennement, du poisson et du yaourt. Et de la viande à l’extérieur de la maison. Et si au début je le vivais presque comme un affront personnel, je me demandais même si au final, on avait les mêmes valeurs, la même vision de la vie, etc. Maintenant je comprends que ce n’est pas ça la question. C’est juste que nous n’avons pas la même sensibilité ni les mêmes priorités sur le moment et que même si la cause animale lui importe, il n’est pas (encore) prêt à arrêter complètement les produits d’origine animale. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’il ne le fera jamais.

Même chose avec sa santé, j’ai eu beau lui expliquer et lui apporter des preuves que les produits d’origine animale ne sont pas bons pour la santé, surtout les produits laitiers, il a beau me croire, il continue d’en manger… Et ça, ça me rend dingue… Enfin ça me rendait dingue, parce que maintenant je me dis que chacun décide de ce qu’il fait avec son corps et que s’il ne souhaite pas prendre soin de sa santé maintenant, tant pis, je ne peux pas le forcer…

Ceci dit, il est plutôt ouvert aux alternatives qui existent et il ne dit pas qu’il ne deviendra jamais vegan. Donc je sais que chacun fait son chemin à son rythme, et que peut-être un jour il changera. Et que s’il ne change pas c’est ok aussi. J’ai accepté le fait que s’il ne devenait jamais vegan, ça ne mettrait pas notre couple en péril. Déjà, il s’assure à chaque fois qu’on sort au restaurant, que je vais avoir de quoi manger, il déniche de supers endroits vegan juste pour moi. Et ça, c’est déjà très chouette 🙂

Fixer des règles

La seule “dispute” qu’on a eu au sujet de mes nouveaux choix alimentaires est lorsqu’il m’a demandé d’aller acheter pour lui de la viande et des oeufs. Là j’ai dit non…

Autant il fait ce qu’il veut et mange ce qu’il veut, autant le fait d’aller moi-même acheter ces produits là, de les mettre dans mon panier et de payer à la caisse pour ça, c’était comme trahir mes convictions, cautionner la souffrance animale et même donner de l’argent pour ça.

J’ai lu plusieurs fois qu’on vote avec son argent et c’est tellement vrai. Plus on dépense régulièrement pour un produit, plus l’entreprise qui le fabrique gagne de l’argent et plus elle va continuer à le fabriquer… A l’inverse, si de plus en plus de gens dépensent dans des alternatives vegan aux produits du quotidien, c’est vers là qu’ira la Recherche et le Développement et c’est ainsi que les choses peuvent vraiment changer.

Je pense qu’il est donc important de fixer des règles surtout si vous faites budgets commun.

  • Est-ce qu’on réserve une partie du frigo juste pour les produits d’origine animale ? 
    Personnellement je les mets tout en haut du frigo et comme je suis petite, je les vois à peine.
  • Est-ce que la personne omnivore paie elle-même et à part pour les produits d’origine animale ? 
    Moi j’ai choisi de garder le budget commun pour les courses même si elles contiennent des produits d’origine animale car 1/ cela représente une très petite partie du panier 2/ comment déterminer quelle part je paye moi pour mes aliments à part ? Est-ce que je paye séparément mon quinoa s’il n’en mange pas ? Ça devient vite compliqué donc pour l’instant c’est le compromis qu’on a trouvé…
    Idéalement bien sûr je préférerais ne verser aucun euro (ou plutôt couronne suédoise ici) dans des produis d’origine animale, d’autant plus vu ce que je vous dis plus haut, mais pour l’instant c’est comme ça… Peut-être qu’on trouvera un meilleur compromis un jour.
  • Qui fait les courses et qui achète quoi ?
    C’est la seule partie sur laquelle je suis un peu intransigeante : on fait généralement les courses ensemble ou alors il les fait seul (j’avoue je déteste ça…), donc là, ok pour qu’il achète des produits animaux, (tant qu’on évite le gros steak saignant…) mais si jamais je fais les courses seules je n’achète que des produits vegan… C’est peut-être un peu idiot mais je n’arrive pas à me résoudre à autre chose…
    Et je comprendrais inversement qu’il refuse de m’acheter des produits spécifiques, c’est du donnant-donnant…
  • Qui cuisine ?
    A la maison c’est quasiment toujours moi qui cuisine, parce que j’adore ça et que ça ne me dérange pas. Donc évidemment, c’est facile, je cuisine vegan. La plupart du temps chérichou mange comme moi, des fois il se rajoute un poisson ou des oeufs. Ou une viande, mais c’est devenu très très rare et j’apprécie assez de ne pas avoir l’odeur du steak qui grille dans la poêle… 
    Les fois où je n’ai pas envie de cuisiner, alors chérichou cherche généralement une recette vegan et me la prépare avec amour. Oui je sais j’ai trouvé presque l’homme parfait 😉
    Mais si chez vous, vous ne faites pas la cuisine, alors il faudra trouver le bon compromis et discuter peut-être à l’avance des menus, peut-être mettre quand même la main à la pâte quand c’est possible, proposer des menus avec une belle part pour les légumes / féculents pour que vous puissiez vous régalez quand même.

Voilà j’espère que ces petits conseils vous auront aidé ! Le plus important selon moi c’est de prendre un moment pour en parler. Mettre le sujet sur la table et se poser les vraies questions comme évoquées ci-dessus. Une fois les choses établies, au moins on sait où on va et c’est plus clair pour tout le monde.

En ce qui concerne la question de “est-ce que je peux vivre avec un(e) omnivore ?” surtout pour un couple, là c’est une question personnelle et la réponse dépendra de chacun… 

Moi je sais que si mon copain était un énorme amateur de viande, en cuisinait tous les jours à la maison et ne jurait que par ça, j’aurais beaucoup de mal… Que ce soit pour les courses, pour la cuisine et pour le fait de vivre avec lui au quotidien…Je ne pense même pas que je pourrais vraiment rester en couple. Heureusement, j’ai cette chance qu’il respecte beaucoup mon choix et fasse en sorte de ne pas consommer beaucoup de produits animaux à la maison, donc ça me va et c’est facile à gérer au quotidien.

Je sais que pour certains c’est malgré tout déjà trop et qu’ils/elles ne se voient vivre qu’avec un/une vegan et je comprends et respecte tout à fait. A chacun se fixer ses limites.

Et vous, êtes-vous confronté à cette situation ?
Comment faites-vous au quotidien ? 

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% commentaires (7)

Je comprends parfaitement ta démarche ! Mon copain était un gros amateur de viande et de fromage. Quand j’ai décidé de devenir vegan, ça a été plus facile pour moi, puisque c’est moi qui fais les courses et qui cuisine. Je lui ai dit que s’il voulait de la viande et cie, ben il n’avait qu’à les acheter et faire sa cuisine ! Que je ne dirais rien s’il gardait le régime omnivore, je ne voulais juste ne rien à voir avec. Comme il préfère que je cuisine… c’est passé comme une lettre à la poste, quasiment. Sans lui imposer de regarder des documentaires édifiants sur la question, j’en ai regardé alors qu’il était à côté de moi à faire autre chose, et mine de rien, il écoutait et jetait souvent un oeil. Maintenant, c’est lui qui me demande de lui trouver des restaus végé quand il est en déplacement, même si je sais que sa motivation tient plus de la santé que du bien-être animal. Normal ou presque, il bosse dans la santé. Quant à mes filles, c’est passé facilement aussi. Pareil, je ne ne les ai pas contraintes, je leur ai expliqué mes choix. Ma cadette est devenue quasiment vegan, l’aînée veut le devenir aussi – ce qui pose problème, c’est leur père dont je suis divorcée et qui les garde 1 semaine sur 2. Il a beaucoup de mal, et sa famille aussi, à comprendre que mes filles ne veulent pas de viande… Dans ma famille, ça ne pose aucun problème ! Bonne continuation 😉

C’est vrai que “l’influence” fonctionne souvent mieux quand elle est faite sans le vouloir… Après il y a des choses qu’on en peut pas maitriser, il faut accepter aussi… :/ Bravo à toi en tout cas et pour tes filles, ça deviendra plus facile avec les années… 🙂

Vous avez trouvé un bon mode de cohabitation alimentaire, c’est bien quand ça se passe comme ça 🙂

Chez nous c’est plus compliqué (je ne suis pas végane, je mange des oeufs d’un petit élevage que je connais bien, alors oui exploitation animale et poules tuées -et vendues en local- quand elles ne pondent plus, mais bref voilà quoi je marche comme ça depuis des années), mon mari m’a plutôt suivie, mais aucun de mes 3 enfants ne le souhaite, et surtout avec ma plus jeune (9 ans), envisager de ne pas acheter son saucisson préféré c’est hurlements, insultes et culpabilisation garantis (une des joies de l’autisme…). Je sais bien que le cas est spécial, mais vraiment ça n’est pas toujours simple je trouve. Surtout que dans ma famille, aucun effort de personne… Et d’autant que moi, j’ai arrêté la viande par éthique alors que gustativement j’adore ça, donc pas simple d’en avoir sous le nez régulièrement… les 2-3 premières années c’était plus facile, maintenant parfois ça devient lourd…

Salut Anne-So.

Merci pour ton beau texte.
Personnellement, je suis devenue végétarienne depuis quelques mois, mais cela se passe mal dans mon couple. Mon compagnon ne respecte pas mes choix et je retrouve souvent du poisson dans mon plat (c’est lui qui veut cuisiner et faire les courses), ou pire, de la charcuterie que je suis obligée d’enlever, et là… drame : moqueries, culpabilisation, beaucoup de souffrance. Je m’énerve et/ou je pleure, puis je me mure dans mon chagrin. Cela fait 23 ans que nous vivons ensemble et je suis enceinte pour la première fois. Je ne sais pas quoi faire. Je n’ai ni amis ni famille et jamais personne pour m’écouter ni me conseiller.

Merci

Mia

Hello Mia,
Ton commentaire me touche beaucoup et je ne sais pas trop quoi te dire à part de prendre vraiment soin de toi et de ton bébé, c’est le plus important, préserve toi. Tu as le droit d’avoir des choix alimentaires affirmés et personne ne peut te forcer à manger ce que tu ne veux pas.
Prends soin de toi 🙂

Bonjour 🙂
J’ai vu ta vidéo et suis en partie d’accord. Je pense que vouloir forcer l’autre à être végan aussi n’est pas la bonne solution, ça ne fait que desservir la cause. De la même façon, ne pas juger l’autre sur ses choix alimentaires (ne pas le juger sur quoi que ce soit d’ailleurs) est fondamental. En revanche je ne pense pas que respecter le régime de l’autre, même si c’est défendable, soit la “moindre des choses” ou encore un “devoir”. Je pense avoir le devoir de respecter les personnes omnivores, mais pas de respecter leur régime, car je ne respecte pas le fait d’infliger des souffrances à autrui. Et il me semble ne pas manquer à mon devoir en pensant de cette façon.
Surtout que, tu l’as toi-même souligné, l’effort d’acceptation demandé à l’omnivore est loin d’être le même que celui demandé au végan.
C’est donc juste une nuance que j’apporte, mais qui selon moi est importante.
NB : je suis aussi en couple avec un omnivore (qui va parfois chasser des grenouilles…), et je vis avec mon père qui est un viandard +++ mais que j’aime plus que tout au monde, c’est très dur pour moi mais je pense en effet qu’il est important de ne surtout pas fuir les gens qui pensent différemment de nous, et plus encore, de les aimer 🙂

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